Ali Bongo Ondimba - Président de la République Gabonaise

Président de la République Gabonaise Accueil
 

Tribune

  • Partager sur facebook
  • Partager sur twitter
  • Envoyer à un ami
  • imprimer
06/05/2015

SOMMET DE LA CEMAC : DISCOURS D'OUVERTURE DU PRÉSIDENT ALI BONGO ONDIMBA

DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR Ali BONGO ONDIMBA, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE GABONAISE, CHEF DE L’ETAT, PRESIDENT EN EXERCICE DE LA CEMAC EN LA SEANCE PLENIAIRE D’OUVERTURE DE LA CONFERENCE DES CHEFS D’ETAT

Excellences Messieurs les chefs d’Etats et chers frères,
Monsieur le Président du Conseil des Ministres,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Monsieur le Président de la Commission de la CEMAC,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de Missions diplomatiques,
Messieurs les premiers responsables des organes et institutions de la CEMAC,
Madame le Maire de la Commune de Libreville,
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi d’abord de vous réitérer combien le Gabon et l’ensemble des Gabonais se sentent honorés de vous recevoir.

Votre présence à Libreville est l’illustration de la foi que vous inspire notre Communauté. Elle témoigne de notre engagement pour les idéaux qui la sous-tendent, comme elle démontre votre disponibilité pour l’accomplissement de notre oeuvre Communautaire.

C’est donc avec toutes les ressources du coeur que je vous exprime ici ma gratitude et vous souhaite un agréable séjour en terre gabonaise.

Excellences Messieurs les chefs d’Etats et chers Frères,
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,

La 12ème Session Ordinaire de notre conférence s’ouvre dans un contexte sécuritaire sous régional préoccupant.

La crise centrafricaine, si elle s’est atténuée à la faveur d’une action politique intense et par l’effet de concours financiers et militaires considérables, n’est pas pour autant terminée. La complexité des enjeux ne facilite guère la tâche des acteurs engagés pour la résoudre, notamment le Médiateur dont l’action mérite ici d’être saluée.

Hommage dans tous les cas doit être rendu aux efforts des Autorités de Transition, aux forces françaises ainsi qu’aux troupes de l’Union Européenne dont nous savons l’implication aux côtés des Casques Bleus dans le processus de règlement de cette crise.

Toutefois, à la situation que vit la République Centrafricaine s’est désormais ajouté un intégrisme dévastateur et meurtrier, véhiculé par la Secte Boko Haram. Terrorisme et barbarie occupent maintenant l’actualité de notre sous-région en raison des menées meurtrières répétitives et irrationnelles de ce mouvement.

Rien n’est plus clair : l’obscurantisme de la secte est un péril manifeste aussi bien pour le fondement de nos Etats que pour la civilisation elle-même.

Partout dans le monde, ces forces rétrogrades font preuve d’une radicalité inouïe dans leurs actes et leurs ambitions, qui mettent à mal nos civilisations.

Pour les leaders politiques que nous sommes, l’heure est à la prise de conscience : nous ne pourrons pas vaincre ces forces d’un autre âge si nous ne faisons pas preuve de détermination dans nos réformes.

Nous devons montrer à nos peuples que la voie de la justice et de la prospérité partagée réside dans nos modèles de développement et nos institutions basées sur le respect de la vie humaine et du droit séculier ; pour cela, nous devons redoubler d’efforts pour que nos réformes soient couronnées de succès, sur le plan sécuritaire, économique et social.

Au plan sécuritaire, la mise en place d’un mécanisme de sécurité et de défense commune s’avère indispensable en pareille circonstance.

La CEMAC doit parvenir à assurer la sécurité de ses populations. L’initiative du Tchad au Nord-Cameroun est un excellent indicateur qui mérite les compliments de toute la Communauté.

La CEMAC, par solidarité mais aussi par devoir pour sa survie, ne saurait tourner le dos aux efforts que déploient le Cameroun et le Tchad pour contrer les ambitions d’extension du terrorisme dans notre sous-région.

Dès lors, manoeuvres militaires communes, consultations réciproques, stages de nos officiers autour de thématiques de missions de paix seraient autant d’approches susceptibles d’asseoir un projet de sécurité et de défense communes.

Quoi qu’il en soit, l’expérience de mobilisation de nos soldats ces vingt dernières années sur différents théâtres d’opérations nous donne un appréciable point de départ.


Excellences Messieurs les Chefs d’Etat et chers Frères,
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,

Le contexte économique sous-régional nous interpelle. En effet, la diminution de la demande mondiale en pétrole a entraîné ces derniers mois un effondrement brutal du prix du baril.

Ce principal levier de la plupart de nos économies perturbe nombre de prévisions budgétaires de nos Etats. De même qu’il hypothèque la réalisation de nombreux projets de développement, et les subventions sociales en faveur de l’emploi, de la santé et de l’éducation.

Plus que jamais, la diversification de nos économies se révèle être une nécessité absolue.

La quasi-totalité des Etats membres de la CEMAC s’est dotée de plans de développement ambitieux pour la mener à bien et assurer ainsi, une prospérité durable à nos populations.

Ces plans qui ont fait naître des attentes importantes et légitimes chez nos concitoyens ne sauraient être différés.

C’est pourquoi, je souhaite que cette session ordinaire de la Conférence des Chefs d’État soit l’occasion d’évoquer des réformes structurelles.

Réformes qui devraient permettre de soutenir nos efforts de développement économique, tels que décrits dans le Programme Economique Régional ainsi que dans nos plans de développement nationaux, à l’instar, dans mon pays, du Plan Stratégique Gabon Emergent.

Au titre de ces réformes nous notons l’évolution du rôle de la Banque des Etats d’Afrique Centrale qui ajouterait à sa mission de maîtrise de l’inflation, celle de financer le développement, comme le fait la FED aux Etats-Unis, ou plus récemment, la Banque Centrale Européenne.

Ce financement de l’économie pourrait transiter via des lignes de crédit directes à la Banque de Développement des Etats de l’Afrique Centrale.

Celle-ci a été brillamment restructurée. C’est pourquoi, ses capitaux propres doivent être davantage renforcés, qu’elle puisse remplir au mieux sa mission, au regard des innombrables besoins de financement en infrastructures dans nos pays.

En effet, le succès de nos ambitieux plans de développement repose en grande partie sur notre capacité à mobiliser suffisamment de ressources financières pour soutenir sur une longue période un investissement annuel équivalent au moins 30% de nos PIB.

A titre d’illustration, notre Programme Economique Régional a été évalué ; son état d’avancement a été décrit et les contraintes majeures qui limitent son action ont été présentées, parmi lesquelles l’absence de ressources.

Même si la dimension de ce Programme requiert un financement extérieur, il reste qu’une mobilisation de ressources internes, tout aussi indispensables, soit absolument nécessaire.

La relecture du Programme Economique Régional qui est en cours appelle ainsi, non seulement à l’adapter aux programmes nationaux de développement, mais aussi à rendre plus pertinents les mécanismes de son financement.

Au-delà de cette réforme se pose également celle relative à notre politique commerciale commune, en lien notamment avec les accords de Partenariat Economique, les APE, avec l’Union Européenne.
Approfondir notre intégration, devient, tout le monde l’aura compris, un impératif pour le développement soutenu de notre communauté.

L’objectif de la création d’un marché commun au sein de notre espace reste conditionné, je le rappelle, par la mise en application de l’Acte Additionnel pris lors de la dernière Conférence des Chefs d’Etat de la CEMAC en juin 2013 à Libreville.

Aussi, l’intégration Economique et Monétaire Régionale. Repose sur un impératif de sécurité dans notre sous-région. A cet égard, nous devons trouver le bon mécanisme pour l’autonomie financière de notre institution.

Car, la communauté pour laquelle nous oeuvrons, et que nous léguerons à nos enfants et aux générations futures, doit pouvoir disposer des ressources nécessaires à l’exécution de ses missions.


Excellences Messieurs les Chefs d’Etat et chers Frères
Distingués Invités,
Mesdames et Messieurs,

Je ne puis passer sous silence la question primordiale de l’environnement. Les travaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du Climat, le GIEC, ont révélé les menaces que fait peser le dérèglement climatique sur la planète.

Ne rien faire à cet égard entraînerait un désastre irrémédiable pour l’humanité toute entière, et plus particulièrement pour notre continent.

En effet, le rapport du Programme des Nations Unies pour le Développement 2014 démontre que la fréquence accrue des catastrophes naturelles ces dernières années représente une alerte qui exige, de la part de tous, de véritables actions de lutte contre le changement climatique.

Celles-ci, que nous devons impérativement mettre en place, constituent, pour ma part, autant d’opportunités d’adapter nos économies, de réajuster nos habitudes, d’inventer de nouveaux modes de production et d’adopter des modes de consommation compatibles avec les enjeux environnementaux actuels.

La participation de nos Etats à la prochaine Conférence sur le Climat à Paris, requiert dès maintenant l’élaboration d’une stratégie communautaire, afin de faire valoir les intérêts de notre sous-région, au regard du fabuleux potentiel qu’offre notre patrimoine forestier dans la lutte contre le changement climatique.

C’est pourquoi, je vous propose donc de concentrer nos efforts de négociation sur les modalités de transferts de ces technologies propres qui seront bénéfiques à nos projets industriels et énergétiques. Tout le monde s’accorde dans le contexte environnemental actuel, à dire, que « sans énergie propre, disponible et accessible, il n’y aura point de développement durable possible ».

La Commission devrait par conséquent se charger d’initier des rencontres préparatoires afin d’optimiser nos chances de réussite pour notre sous-région, à cette conférence dite de la dernière chance.


Excellences Messieurs les Chefs d’Etat et chers Frères,
Distingués Invités,
Mesdames et Messieurs,

Je dois à votre confiance l’exercice de mon mandat que j’ai rempli avec passion, engagement et détermination pour la poursuite de la construction d’une Communauté solidaire.

L’accompagnement dont j’ai bénéficié de la part du Conseil des Ministres de l’Union Economique de l’Afrique Centrale et du Comité Ministériel de l’Union Monétaire de l’Afrique Centrale m’aura été précieux.

L’inestimable appui et la disponibilité constante du Président de la Commission, Chef de l’Exécutif de la Communauté, Pierre Moussa, que je tiens ici à féliciter et à remercier.

A l’heure d’ouvrir la 12ème Session Ordinaire de nos travaux, je mesure toute l’intensité du rêve et des espérances qui ont porté les pères fondateurs de notre Communauté, il y a cinquante ans. La passation de charges prévue à l’issue des présentes assises témoigne de la continuité de l’idéal d’Intégration en Afrique Centrale.


Excellences Messieurs les Chefs d’Etat et chers Frères,
Distingués Invités,
Mesdames et Messieurs,

Je déclare ouverts les travaux de la 12ème Session Ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale.

Vive l’intégration de l’Afrique Centrale !

Vive la CEMAC !
Je vous remercie.

AGIR POUR LE GABON

VOS IDÉES POUR AGIR
Présidence
du Gabon