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Tribune

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16/03/2015

7ÈME ÉDITION DE LA « JOURNÉE DE LA CEMAC »


Discours du Président à l'occasion de la 7ème journée de la CEMAC
Catégorie : INTERNATIONAL    Durée : 15.01     16/03/2015

Message du Président en exercice de la CEMAC

Citoyennes,
Citoyens,
Peuples de la CEMAC,

Il est de tradition, à l’occasion de la célébration de la Journée de la CEMAC, le 16 mars de chaque année, que le Président en Exercice de la Communauté adresse aux Citoyennes et Citoyens des six (6) Etats membres, un message sur l’état de la Communauté et les progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’intégration régionale.
Qu’il me soit donc permis, à l’entame de mon propos, de rappeler à tous et à chacun, l’importance de la construction d’un véritable espace commun qui reflète les idéaux qu’incarnaient les Pères fondateurs de notre Communauté, il y a de cela plus de cinquante (50) ans en arrière.
L’année 2014 qui vient de s’achever a été pour notre Communauté, une année charnière au cours de laquelle, les Peuples de nos six (6) Etats membres ont célébré tour à tour, les cinquante (50) ans de notre processus d’intégration régionale (1964-2014) et les vingt (20) ans d’existence de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (1994-2014).
Aujourd’hui plus qu’hier, face aux défis de la mondialisation, l’intégration des jeunes nations comme les nôtres est au centre de toutes les préoccupations car, elle donne corps à l’existence même de nos Etats. Le monde se raccourci, les grands ensembles se développent, l’isolationnisme des Etats, hier stratégie de développement, est devenu aujourd’hui un non-sens et fait place à l’unité des Nations et des Peuples et, à la coopération tous azimuts. La CEMAC, notre Communauté, ne saurait être en marge de cette évolution majeure, synonyme de marche irréversible vers un avenir radieux et qui s’impose à tous.
Les peuples de nos Etats ont choisi de mettre en commun leur destin pour bâtir ensemble, une Communauté forte autour des valeurs de solidarité, de paix, de partage et de tolérance, de sorte que chacun de nos Etats n’est plus qu’un maillon de cette chaine de solidarité.
C’est pourquoi, au-delà de nos différences, nous devons regarder vers la même direction et partager le même héritage, afin que les générations futures bénéficient des fruits de nos efforts.

Mesdames et Messieurs,

En termes de bilan, et en dépit de périodes souvent difficiles, marquées par des crises politiques ou économiques, l’intégration régionale dans le cadre de l’UDEAC/CEMAC peut se targuer d’avoir engrangé trois types d’acquis : le système institutionnel, l’union monétaire et l’union économique.
La mise en place des institutions communautaires fonctionnelles répond au principe cardinal de la séparation des Pouvoirs. D’abord la Commission de la CEMAC, organe exécutif de la Communauté, qui fonctionne selon les règles de la collégialité. Ensuite le Parlement communautaire qui incarne le Pouvoir législatif et exerce le contrôle de l’action communautaire et, enfin, la Cour de justice communautaire qui assure toutes les missions dévolues au pouvoir judiciaire.
Cette structuration des pouvoirs, qui prend appui sur le modèle existant dans les Etats, constitue un gage d’évolution irréversible vers la bonne gouvernance des affaires.
Aujourd’hui, la CEMAC comprend cinq (05) Institutions, sept (07) Organes et treize (13) Institutions spécialisées implantés à travers les six Etats membres et exerçant des missions propres qui mettent notre Communauté en phase avec les standards internationaux de gouvernance des affaires publiques.
L’Union Monétaire de l’Afrique Centrale (UMAC) est une réalité entre les Etats membres qui disposent aujourd’hui : d’un même Institut d’émission, la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC); d’une même monnaie, le Franc CFA et d’une politique monétaire et de change commune. Dans ce contexte, les six Etats apportent leurs concours à l’UMAC, dans le respect de leurs engagements en matière de règles d’émission monétaire; de gestion des réserves communes de change; de mise en cohérence des politiques économiques; de législation monétaire, bancaire et financière; de libre circulation des signes monétaires ainsi que de liberté des transferts entre les Etats membres de l’Union monétaire.
La construction de l’Union Economique de l’Afrique Centrale (UEAC) est bien avancée avec notamment, l’harmonisation de l’essentiel des politiques sectorielles et la promotion de nombreuses initiatives, projets et programmes communs. La Communauté a accompli des progrès importants dans les domaines des infrastructures de base où les normes communautaires ont été adoptées et les projets intégrateurs en cours de réalisation dans les secteurs des transports, de l’énergie et des télécommunications.
Le marché commun fait partie des premiers chantiers à partir desquels la CEMAC a pris son envol avec notamment, l’adoption par tous les Etats membres, d’un Code des douanes et d’un Tarif Extérieur Commun (TEC) applicable aux importations en provenance des pays tiers ; l’harmonisation des politiques en matière de commerce, de fiscalité et d’investissement.

De ce fait, la zone de libre-échange de la CEMAC est effective depuis 1998 et se caractérise par la libre circulation, entre les Etats membres, des produits entièrement obtenus, grâce à l’application d’un Tarif Préférentiel Généralisé à taux zéro. La libre circulation des produits industriels est également effective moyennant l’obtention d’un agrément délivré par le Conseil des Ministres de l’Union Economique de l’Afrique Centrale. En somme, la libre circulation des biens est une réalité dans la zone CEMAC, dès lors que les conditions mentionnées ci-dessus sont remplies.
Quant-à la libre circulation des personnes, en dépit de quelques préoccupations liées aux questions sécuritaires, elle est effective pour plus de 95% de la population communautaire et, devrait s’étendre à l’ensemble des citoyens communautaires, grâce au programme de sécurisation du territoire communautaire en cours, entre la CEMAC et INTERPOL.
L’harmonisation dans les domaines économique, monétaire et financier a comme priorités : la mise en place d’un observatoire du climat des affaires en zone CEMAC; le renforcement de l’appareil statistique; l’appui du dispositif de la Surveillance Multilatérale et, la mise en œuvre des Directives de gestion des Finances publiques dans tous les Etats membres.
Enfin, dans les domaines de l’éducation et de la recherche, la Communauté a entrepris un vaste chantier portant sur l’harmonisation des conditions universitaires, l’adoption du programme LMD dans les cycles de formation universitaire; l’instauration d’une Conférence des Recteurs; la création et l’institutionnalisation de la « Coupe de Football » et de la « Journée de la CEMAC » pour ne citer que ceux-là.

Mesdames et Messieurs,

Comme toute œuvre humaine, l’intégration régionale dans l’espace CEMAC reste perfectible car, quelques insuffisances sont relevées çà et là. On peut citer la mauvaise application des règles communautaires, y compris la pratique généralisée des dérogations, l’existence d’obstacles non tarifaires le long des corridors de transit et, la libre circulation des personnes qui n’est pas encore intégralement réalisée.
C’est donc pour corriger ces insuffisances et compléter l’action communautaire que plusieurs grands chantiers sont en cours au sein de la Communauté, à savoir : l’approfondissement du marché commun à travers la consolidation de la libre circulation des biens et des personnes; les négociations de l’Accord de Partenariat Economique (APE) qui a vocation à accroitre les échanges avec l’Europe; la mise en œuvre du Programme Economique Régional (PER); le renforcement de la surveillance multilatérale; l’harmonisation du système éducatif; l’établissement du Passeport CEMAC; la promotion du développement des infrastructures de base ainsi que la poursuite des réformes institutionnelles de la Communauté.

Citoyennes et Citoyens de la Communauté,

L’année 2015 qui vient de commencer, annonce une rupture totale d’avec l’évolution observée au cours des cinq (5) dernières années. Elle va se traduire par une série de mutations importantes et des défis que chacun de nos pays, pris isolément, ne saurait relever seul.
Au nombre de ces défis, figurent la crise économique actuelle consécutive à la baisse généralisée des cours des principales matières premières d’exportation qui constituent l’essentiel des ressources des budgets de nos Etats et la multiplication des foyers d’insécurité en Afrique centrale, en particulier.
La baisse des cours des matières premières enregistrée depuis le dernier trimestre de l’année 2014 augure des conséquences imprévisibles pour la plupart de nos pays. Ces conséquences vont au-delà des estimations les plus pessimistes et obligent les administrations économiques à adopter des mesures d’austérité.
Dans le contexte de cette crise, il importe de souligner que les stratégies de diversification mises en place portent déjà leurs fruits, certes, mais elles ne sauraient compenser à court terme les contrecoups de la crise actuelle, au regard de son ampleur.
Par ailleurs, sur le plan sécuritaire, la sous-région est en proie à de multiples soubresauts dont la persistance de la crise en République Centrafricaine et plus récemment, les attaques de la secte Boko-Haram dans une partie de notre territoire communautaire.
C’est ici le lieu de louer les efforts des Etats membres de la CEMAC qui se sont mobilisés pour venir en aide, d’abord à la République Centrafricaine en vue de ramener la paix et la sécurité sur son territoire, ensuite au Gouvernement et au Peuple frère du Cameroun, dans leur détermination à lutter contre la secte Boko-Haram.
Il est vrai que pour venir à bout de tous ces fléaux et espérer minimiser leurs conséquences, les Etats devront conjuguer leurs efforts pour lutter ensemble. Et les vaillants Peuples de la CEMAC devraient, non seulement être vigilants aux cotés des Pouvoirs publics mais également, faire preuve de patriotisme responsable envers les Institutions, pour bouter hors de nos frontières, les démons de la haine et de la division qui nous guettent.

C’est sur cet appel à la solidarité et à la cohésion nationale et communautaire que je prends congé de vous, en souhaitant à tous et à chacun, une bonne et heureuse année 2015.
Vive la Communauté,
Vive l’intégration régionale.

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