Ali Bongo Ondimba - Président de la République Gabonaise

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11/02/2013 Bonne gouvernance

Gabon : RSF soumettra ses recommandations dans les 2 mois

Les télécommunications au Gabon
Le Président Ali Bongo Ondimba a reçu en audience vendredi 8 février 2013 une délégation de Reporters Sans Frontières conduite par son secrétaire général Christophe Deloire, accompagné du responsable Afrique de l’organisation, Ambroise Pierre, en présence du président du Conseil national de la Communication, Guy-Bertrand Mapangou. Le Chef de l’Etat gabonais, qui a exprimé ses remerciements à RSF venu en mission d’enquête au Gabon à l’invitation des plus hautes autorités, s’est félicité de la diversité de la presse nationale tout en affichant sa détermination à voir évoluer le cadre législatif dans lequel évolue la profession, dans l’objectif d’une moralisation des activités. Ali Bongo Ondimba a affirmé sa détermination à garantir la liberté de la presse et a sollicité Reporters sans frontières pour accompagner les évolutions au Gabon.

« Un mercenariat de la plume ! »

Dans le droit fil du discours vigoureux prononcé en janvier lors des vœux à la Presse, le président de la République a livré sa vision aux représentants de l’organisation de défense des libertés : "Le Gabon est un pays doté d’une grande activité en terme d’information. Je veille à ce que personne ne soit arrêté pour ses opinions. D’ailleurs, aucun journaliste n’est actuellement en prison. Nous déplorons cependant depuis trois ans des dérives qui nous inquiètent. En raison des difficultés économiques pour les journalistes se développe un mercenariat de la plume. Le journalisme ne saurait se réduire à l’invective".
Et insisté : « En conséquence, les Gabonais se sont habitués à lire une presse qui ne prend pas le temps de recouper les informations à travers une enquête rigoureuse ». Un constat regrettable qui rejoint celui fait par RSF : la presse gabonaise, notamment la presse satirique, manque d'indépendance envers les «pouvoirs», qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition. " Notre constat est que les journalistes subissent des pressions politiques élevées", a souligné Christophe Deloire lors de cette audience.
Le cas de Tv+ fut évoqué, notamment les agressions sur les émetteurs de la chaîne au plus fort des manifestations de Cocotiers tout comme les poursuites judiciaires à l'encontre de la chaîne par une société mauricienne, menaçant son fragile équilibre économique. RSF demande que des enquêtes soient diligentées lorsque des médias sont victimes d’actes violents de vandalisme contre les biens ou les personnes. Lors de l’échange, il a été indiqué que le Gabon s'engageait à améliorer les relations entre la presse et les forces de l'ordre pour éviter certaines situations préjudiciables.

Une évolution du cadre législatif

Sur les aspects réglementaires, RSF - invité à formuler des recommandations sur le projet de réforme de la loi de 2001 portant Code de la Communication - préconise « la rédaction d’une nouvelle loi », d’avantage qu’un toilettage. La partie gabonaise s'est dite préoccupée par ces questions et a marqué sa volonté de moderniser le cadre des activités et des responsabilités de la presse. Le Chef de l'Etat, fut-il rappelé, est favorable à la dépénalisation des crimes de presse. Les réflexions à venir devront également tenir compte de certaines préoccupations morales et économiques : connaissant la fragilité économique de la presse, plusieurs personnes malmenées ou invectivées s’interdisent de saisir la justice, sachant qu'une condamnation équivaudrait à la faillite de l'organe. Il fut également mentionné la possibilité de revoir les critères du Fonds national pour le développement de la presse, créé en 2005, afin de mieux appuyer les organes réguliers dans leur parution. Les autorités gabonaises « sollicitent Reporters sans frontières pour que, dans un délai de deux mois, une liste de recommandations soit fournie sur le projet de loi », confirme RSF.

Des normes internationales

Au fil de trois jours d’enquête, rencontrant en toute liberté et sans aucune interférence des autorités les acteurs de la filière, les experts de RSF ont récolté un grand nombre d’informations et d’impressions. Leur séjour, bref et dense, intervient quelques mois après celui des auteurs de l’Evaluation du développement des médias au Gabon, missionnés par l’Unesco dans le cadre du Programme international pour le développement de la communication (PIDC), lancé il y a trente ans et restructuré autour de la Déclaration de Windhoek du 3 mai 1991, date désormais célébrée chaque année, au Gabon comme ailleurs, comme celle de la Journée mondiale de la liberté de la presse.
« Qu’il s’agisse de la Constitution, du Code de la communication ou des autres textes réglementaires, la liberté d’expression, la protection des sources, l’indépendance du système de régulation et l’absence de censure y sont clairement affirmées, peut-on lire dans cette Evaluation. Le Conseil National de la Communication est structuré et reconnu comme institution essentielle de la République. La pratique est cependant loin de refléter ces bonnes prédispositions législatives et réglementaires. Les lois ne sont que peu respectées ou appliquées, du fait de la culture du secret et de la « sacralisation » des fonctions publiques dans le cas du droit à l’information ou du fait des résistances institutionnelles dans le domaine de la régulation. Le cadre législatif et politique laisse ainsi apparaître une situation paradoxale où les textes ne sont pas toujours observés par ceux qui sont parfois chargés de les faire respecter. »
Soucieux de voir naître une presse nationale responsable, indépendante et financièrement viable, le président de la République Ali Bongo Ondimba se félicite de voir le Gabon bénéficier de l’expertise et des conseils de Reporters Sans Frontières. Dans les soixante jours, une série de recommandations sera soumise afin de promouvoir la liberté d’expression, de maintenir le pluralisme des médias et de renforcer les capacités ainsi que les moyens institutionnels.

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